Quel est ton parcours musical ? Écrire, composer et chanter tes chansons c’est ce que tu as toujours souhaité faire ? Un rêve d’enfant devenu réalité?
J’ai commencé à l’âge 7 ans, par chanter dans une chorale et étudier le piano classique au conservatoire. La musique a toujours été quelque chose de naturel chez moi. Adolescent j’étudiais pour devenir un grand pianiste et chef d’orchestre. Ensuite quand j’avais 17 ans Nirvana est arrivé…
Quel a été le déclic qui t’as motivé à te lancer dans la musique ? Et le choix d’une couleur musicale orientée pop/rock?
La nécessité, le besoin de m’exprimer, de communiquer, et une passion instinctive, naturelle, ancestrale.
Le rock, parce que le rock est sanguin, libre, transgressif, anticonformiste, théâtral, évocateur, primordial, personnel, collectif, social, courageux, parce que ça a du caractère…
La pop parce que c’est la mélodie et la chanson. Thank you old blue eyes Frank !
Que représente la musique pour toi ?
C’est un instinct naturel que je ne peux refréner.
Et si la musique n’existait pas, quelle forme d’art choisirais-tu ? Le cinéma ?
J’ai toujours aimé le cinéma, le bon cinéma, qui fascine et émerveille, te console, te fait réfléchir et voyager, celui qui me fait encore rêver, m’aide, m’apprend à vivre.
D’où vient l’inspiration créatrice, pour l’écriture, la composition ?
De la vie, de ma vie, de l’amour, de l’incompréhensible, de l’insoutenable, de l’univers, de l’infini.
Un grand besoin de liberté t’anime. La musique, liberté de l’esprit, le sport, liberté du corps ? Tes passions que sont les sports de glisse et la course automobile t’inspirent-elles de nouvelles compositions ?
Je crois que oui. Je veux dire : pas directement mais inconsciemment. Ce sont toutes les couleurs, toutes les odeurs, toutes les atmosphères, toutes les sensations, la peur, l’adrénaline, les sentiments qui emplissent et nourrissent ton âme… c’est de ça que naît l’inspiration, tant humaine qu’artistique.
Ton premier album sorti sur le label indépendant Road House Music est le fruit d’une rencontre avec le patron des Forum Studios fondé par Ennio Morricone. qu’est ce qui a déclenché cette rencontre ? Comment as-tu vécu la sortie de ce premier album ? Cet album, tu souhaitais le signer sur un label au départ ou pensais tu également à l’autoproduction ?
J’ai rencontré Marco dans un restaurant à Rome. J’arrivais de Trente et ce soir-là l’ami avec lequel je dînais me dit que quelques tables plus loin était assis un jeune producteur qui venait d’avoir énormément de succès avec son premier artiste. Je me suis dit : c’est l’occasion idéale ! Donc je me suis présenté et dès ce moment nous avons commencé à composer ensemble, nos rêves...
Au bout de deux ans de travail acharné et de recherche au niveau des chansons, des textes, du son et de la direction artistique en général, j'ai enregistré avec un groupe anglais. le succès, l’attention qui s’est focalisée sur moi dès la sortie de mon premier disque furent synonymes de grands changements, chamboulant ma vie privée et mon rapport au monde extérieur ; sans pour autant que je m’en rende compte vraiment, emporté par le courant.
À l’époque l’autoproduction comme on l’entend aujourd’hui, c’est-à-dire très proche des moyens de diffusion modernes (MySpace, Youtube…) était encore loin d’offrir une visibilité et des possibilités d’écoute réelles.
Ton dernier album "Mi accordo" fait un succès en Italie. cela te fait quoi, d’avoir du succès ? Que ressens tu lorsque tu entends une de tes compositions passer à la radio? Peux tu nous parler de cet album et nous en faire une auto critique ? Comment conseilles tu la dégustation de cet album (les moments les plus propices, les lieux les plus adéquats, les ambiances les plus appropriées…)?
"Mi Accordo" est un disque intense qui tente de réunir, de mettre "d’accordo" justement les différentes personnalités du premier et du deuxième disque.
Je dirais que c’est un disque à écouter, plutôt qu’un disque de musique d’ambiance.
Que penses-tu de la scène pop rock italienne ? De la scène rock actuelle en général ? Lorsqu’on pense pop rock, on pense surtout à des groupes anglophones, le rock "made in italy" a-t-il du mal à s’exporter dans les autres pays d’Europe, dans le monde?
En Italie, on ne manque pas de talents, on en a jamais manqué. C’est la langue qui rend l’exportation difficile. L’Italie est en retard sur de beaucoup de choses et persévère dans la mauvaise direction, par exemple on s’évertue à doubler systématiquement tous les films étrangers, cultivant ainsi l’ignorance et l’appauvrissement culturel.
L’Italie, bien que totalement acquise au culte de consommation occidental américain, ne "consomme" pas la partie plus utile et intéressante d’un point de vue social : la langue anglaise, que nous ne parlons pas, que nous ne connaissons pas, et à laquelle encore aujourd’hui nous accordons une attention pédagogique insignifiante par rapport au poids qu’elle peut avoir.
Le résultat est qu’au niveau international il nous manque des "pré-requis techniques" pour obtenir une reconnaissance, donc il nous manque la maîtrise d’un outil, d’un langage, d’un code qui nous permettent de communiquer au niveau populaire les valeurs et les belles choses exprimées par le souffle musical italien.
Les concerts, c’est important pour toi ? Que t’apporte le public ? Que penses-tu lui apporter ? Dans quels pays as-tu joué ? Dans quelles contrées aimerais-tu jouer ? Ton plus beau souvenir de concert, c’est quoi ?
Le concert c’est le moment de la rencontre, du face à face, de l’échange, du rite collectif, des regards. C'est le moment de vérité. Si tu as bien semé c’est là que tu le vois, que tu en récolteras et que tu en goûteras le fruit. Et ce sera l’occasion d’une nouvelle semence, différente, avec réaction immédiate.
Le lieu le plus éloigné dans lequel j’ai joué est Atlantic City.
Maintenant j’aimerais jouer en France... La Cigale?
Mon plus beau souvenir : chaque fois que j’arrête de chanter pour écouter cette foule d’âmes en chœur.
Peux-tu me parler de tes collaborations? Est-ce important pour toi de collaborer avec d’autres artistes ? Pourquoi?
Ces dernières années j’ai eu la possibilité de rencontrer et de collaborer avec quelques uns des plus grands auteurs-chanteurs-compositeurs italiens, des artistes qui ont laissé leur empreinte indélébile dans l’histoire de la musique de notre pays et dans l’histoire de tant de gens. Lucio Dalla, Renato Zero, Edoardo Bennato… Ce sont des rencontres qui m’ont aidé à grandir, artistiquement et professionnellement. L’échange est toujours important, souvent fondamental pour grandir. Partout. Dans la musique également.
Des projets, des envies, des désirs ? Un dernier mot ?
Je prépare un album en anglais grâce auquel j’espère pouvoir voyager en faisant de la musique, à la découverte du monde.
Le single "Come Sempre" bientôt dans les bacs et un quatrième album prévu pour 2008 !
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