"Voices"
(BEE Records)
Album - 12 titres (2009)
 
Michel Robiche : claviers, guitare
Didier Blanché : claviers, basse Aurélien Pescher : vidéo, artwork

Ces spationautes Lyonnais invitent l'oreille à s'abandonner dans les confins d'un univers electro pop d'un autre temps. Après un premier album riche d'errances galactiques, le duo prépare actuellement un nouvel opus pour l'espace - temps à venir ! Une interview de Michel Robiche, guitare et claviers. (interview réalisée en novembre 2009)terview réalisée en septembre 2008)

Comment la musique électronique est-elle entrée dans votre vie ?
Après une séparation, celle d'un groupe dans lequel nous jouions avec Pilou, moi de la guitare, lui de la basse. Tout le monde est parti de son côté et nous nous sommes retrouvés seul, sans batteur, ni claviers, ni chant. L'électronique est venue combler ces vides humains, remplacer par des 0 et 1 des esprits et des mains. Rencontre par defaut donc, plus technique que musicale.

On a commencé à travailler sur l'ordinateur et du coup à s'intéresser à un univers encore lointain pour nous. Curieusement, c'est l'ordinateur qui m'a initié au monde électronique, aussi bien celui du home studio que celui des labels indépendants. Après sont venues les rencontres, les disques qui s'échangent, les émissions radio, la curiosité pour un monde hyper creatif.

Quelles ont été les motivations à la création de Cosmos 70 ?
D'une rupture donc, puis d'une envie de créer ensemble et d'aborder autrement la musique. Nous venions du rock, de la pop, des groupes de garage qui repètent.

On voulait découvrir ces terres en friche où nous partions de rien ; où il fallait réapprendre à construire la musique dans des logiciels abscons.





Cosmos70 : Two thousand



L'orientation musicale, une electro vintage d’inspiration seventies, pourquoi ? Les sons électroniques actuels vous paraissent-ils trop lisses, pas assez inquiétants… pour des ambiances cosmiques ?
Il n'y a pas eu de choix, au sens d'une volonté esthetique, que les titres sonnent seventies ou vintage. Peut-être que les disques de Tangerine Dream ou de Pierre Henry qui passaient enfant sur la platine du salon m'ont marque au fer rouge... Ils ont ressurgi des années après, malgré moi.

J'avoue que je ne sais pas ce qui tient des influences, de l'histoire, des sons qui nous marquent et que l'on reproduit malgré soi. Nous avons même été surpris de lire à propos de Voices qu'il sonnait vintage. Puis on a mieux compris le jour où un titre s'est retrouvé sur une compilation de musiques électroniques !

Quelles sont les émotions, désirs, envies que vous souhaitez suggérer, transmettre, éveiller dans votre musique ?
Difficile question... Je ne sais pas ce que les gens ressentent a l'écoute d'un des titres de cosmos70. Moi-même j'ai du mal a mettre des mots sur une émotion musicale. Qu'est-ce qui fait que le morceau que l'on écrit crée un frisson, un malaise, une excitation, ne serait-ce que pour soi ? Que quelqu'un d'inconnu y trouve a son tour quelque chose qui le touche? Autant de réponses que de personnes je pense. Maintenant, si l'écoute réussit a créer un peu d'oubli et quelques paysages, c'est déjà énorme...

Un album 12 titres est sorti. Pouvez vous en faire une autocritique. Quels sont les meilleurs lieux et moments pour le déguster ?
Oui, il est plein de défauts, dans l'écriture, le traitement du son.... On ne peut plus l'écouter sereinement sans vouloir le passer par la fenêtre pour voir si Cosmos vole bien. Difficile du coup de conseiller une dégustation quand nous même sommes ecoeures... J'exagère mais je crois qu'il appartient à un moment passé, daté, qui sans être désagreable ne nous correspond peut-être plus.

On travaille sur d'autres titres qui forcément sont plus excitants et que l'on reniera dans un an. Je crois que l'insatisfaction fait partie du jeu créatif, que c'est la petite machine personnelle qui pousse vers l'avant. Reste à trouver l'équilibre entre l'autocritique qui paralyse et celle qui motive.

Cosmos 70 et la scène. Qu’apportez vous au public, que vous apporte-t-il ?
La scène est pour le public l'opportunité de découvrir le travail vidéo d'Aurélien, qui a crée toute une série de films qui complète la musique. Nous préférons parler de films plutôt que de clips ou de veejaying : Aurélien construit ses images, les peint, les dessine, les photographie puis les intègre dans une narration longue. On est loin des images en rafale qui finalement font plus de lumière que de sens. Du coup le public peut plonger dans deux mondes, l'un fait de sons, l'autre d'images, qui se croisent, se répondent et sont une invitation au voyage.

Que nous apporte le public ? Le trac, le silence, l'attention qui nous espérons sont une forme d'approbation. On est tous dans le même vaisseau dans ces moments...

Des projets, des envies, des désirs, des collaborations ? Un dernier mot ?
On met la touche finale au deuxième album dont tous les titres sont écrits. Studio à la rentrée pour les instruments puis mixage etc...

On va collaborer entre nous : vu le peu de temps à consacrer à Cosmos70, on ne peut donc pas le partager avec d'autres ! Un jour peut-être..

> Le site de Cosmos70 : http://cosmos.70.free.fr
> La page MySpace : www.myspace.com/cosmos70
> Le label BEE REcords : http://www.beerecords.com
> MySpace BEE REcords : www.myspace.com/beerecs


(photos, logos, illustrations avec l'autorisation de l'artiste)

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